« Des rĂ©sidus de pesticides cancĂ©rogĂšnes dans l’eau du robinet Â»

Le Monde, 17 juin 2020

(…) « Dans son dernier bilan annuel en date (sept. 2019), [le ministĂšre de la santĂ© rapportait] que la proportion de personnes alimentĂ©es par une eau respectant en permanence les limites de qualitĂ© pour les pesticides s’élevait Ă  90,6 % en 2018, en baisse par rapport Ă  2017 (93,4 %).

« Faut-il dĂšs lors se ruer sur les eaux en bouteilles ? “Ce ne serait pas une solution, rĂ©pond François Veillerette, directeur de GĂ©nĂ©rations futures. Cela entraĂźnerait plus de plastique − qui peut migrer dans l’eau −, plus de transport
 De toute façon, d’ici à quelques annĂ©es, les pesticides devraient atteindre les nappes souterraines Ă  leur tour. Il est urgent en revanche d’obtenir une harmonisation du choix des molĂ©cules ciblĂ©es lors des contrĂŽles et des mĂ©thodes d’analyse utilisĂ©es dans les laboratoires agrĂ©Ă©s”

« En effet, compte tenu du grand nombre de pesticides autorisĂ©s ou de ceux l’ayant Ă©tĂ© mais qui persistent dans l’environnement et du coĂ»t des analyses, chaque Agence RĂ©gionale de SantĂ© Ă©tablit sa propre liste des substances Ă  traquer, en fonction des contextes locaux plus ou moins marquĂ©s par l’agriculture intensive, des quantitĂ©s de pesticides vendues sur place, du nombre de foyers desservis et d’autres critĂšres “sans rĂ©elle transparence”, selon GĂ©nĂ©rations futures.

« Ainsi l’Aisne fait procĂ©der Ă  l’analyse de 10,5 pesticides en moyenne par prĂ©lĂšvement, quand le Var en demande 590 ! Et si ce mĂȘme dĂ©partement picard trouve neuf rĂ©sidus quantifiĂ©s tandis que son voisin l’Oise en dĂ©tecte 252, alors que tous deux se caractĂ©risent par des grandes cultures intensives, c’est probablement que leurs ciblages de molĂ©cules diffĂšrent radicalement. Dans ces conditions, le risque est grand d’obtenir des “rĂ©sultats faussement rassurants pour certains dĂ©partements”, souligne le rapport. « Cela pose un problĂšme d’égalitĂ© entre les territoires Â», estime François Veillerette. Cependant, la demande la plus urgente de son association est sans surprise qu’une “politique efficace de rĂ©duction des pesticides soit enfin appliquĂ©e” Â».

Martine Valo (Le Monde)

Lire aussi
La qualitĂ© de l’eau se dĂ©grade encore en France

Le Monde, octobre 2017

 Au moins 654 entreprises ne respectent pas la réglementation [européenne] sur les substances chimiques (REACH)

Le Monde, mai 2019

[PMA, gestion de l’eau]
Les taux d’absentĂ©isme retenus par les « experts impartiaux Â» font dĂ©bat…

Le cabinet-conseil Artelia (historiquement liĂ© Ă  Veolia, ainsi que #Notre AgglEau le soulignait dĂšs fin 2018…) a retenu un taux d’abstentĂ©isme du personnel de 12 % dans le cas de l’option « RĂ©gie publique Â», bien au-dessus de celui pris en compte pour VĂ©olia… mais aussi supĂ©rieur (de 50 % !) Ă  celui observĂ© chez Pays de MontbĂ©liard AgglomĂ©ration (8 %)

… Du coup Artelia « budgĂšte Â» 19 emplois de plus pour la RĂ©gie (133 contre 114), ce qui bien entendu contribue Ă  renchĂ©rir la facture… et Ă  rendre l’offre Veolia financiĂšrement plus attirante…

12 dĂ©c. 2019 : « baroud d’honneur avant le vote Â» Ă  PMA ? (L’Est RĂ©publicain)

estrepublicain.fr/politique/
2019/12/12/eau-et-assainissement-baroud-d-honneur-avant-le-vote

Le collectif Notre Aggl’Eau invite les habitants du pays de MontbĂ©liard Ă  protester devant l’hĂŽtel communautaire, jeudi 12 dĂ©cembre Ă  partir de 17 h 30, contre les modalitĂ©s d’attribution (Ă  Veolia) de la gestion de l’eau potable et de l’assainissement.

Lire aussi sur France Bleu,
« Les associations dĂ©noncent une concertation biaisĂ©e Â»
(avec une ITW audio du rapporteur du Codev)

et ToutMontbeliard.com

— voir aussi LeTrois.info :
« Une lettre ouverte demande d’annuler le vote sur l’eau du 12 dĂ©cembre Â»

sans oublier notre « petit florilĂšge ÉtĂ© 2018 / NoĂ«l 2019« , Ă  la une du prĂ©sent site Web, http://montbeliard.notreaggleau.fr/

Ils ne se font pas vraiment d’illusions, «  mais on va se battre jusqu’à la derniĂšre minute  Â», martĂšlent les membres du collectif Notre Aggl’Eau, alors que les Ă©lus de Pays de MontbĂ©liard AgglomĂ©ration (PMA) doivent se prononcer, jeudi 12 dĂ©cembre en dĂ©but de soirĂ©e , sur le mode de gestion de l’eau potable et de l’assainissement.

Le collectif Notre Aggl’Eau s’est rĂ©uni mercredi matin dans l’ancienne mairie d’Audincourt pour rappeler ses propositions. Photo ER /Alexandre BOLLENGIER

«  Tout a Ă©tĂ© fait pour attribuer cette gestion au privĂ© via une dĂ©lĂ©gation de service public (DSP), en l’occurrence Ă  Veolia, plutĂŽt qu’à une rĂ©gie  Â», dĂ©noncent-ils.

Pseudo-consultation

Et de fustiger le positionnement de l’exĂ©cutif de PMA incarnĂ© par Charles Demouge, son prĂ©sident, et Daniel Granjon, son vice-prĂ©sident en charge de la commission Eau, Assainissement et Environnement.

«  DĂšs l’origine, ils n’ont guĂšre laissĂ© d’espace pour une rĂ©flexion sans a priori  Â», dĂ©nonce Yves Adami. «  Le recours Ă  Artelia (N.D.L.R.  : groupe d’ingĂ©nierie, de management et de conseil) comme aide Ă  la maĂźtrise d’Ɠuvre, dont les liens historiques avec Veolia sont avĂ©rĂ©s, ne laissait aucun doute quant Ă  l’issue de cette pĂ©riode de pseudo-consultation avec le choix d’une DSP au profit de Veolia.  Â»

Il appuie  : «  Seul Veolia a rĂ©pondu Ă  l’appel d’offres ce qui semble indiquer que la mise en concurrence a Ă©tĂ© pour le moins faussĂ©e et, plus grave encore, qu’un accord tacite a Ă©tĂ© conclu entre les trois opĂ©rateurs nationaux autour d’un partage territorial des zones d’influence.  Â»

Double gestion public/privé

Sans se prononcer en faveur d’une DSP ou d’une rĂ©gie – les avis divergent au sein du collectif -, les membres de Notre Aggl’Eau ont avancĂ© plusieurs propositions, tout en rappelant que «  les enjeux de l’eau ne peuvent pas ĂȘtre accaparĂ©s par des considĂ©rations de profits et par des intĂ©rĂȘts privĂ©s.  Â» Elles passent par «  une double gestion public/privĂ©,  une solution appliquĂ©e dans de nombreuses collectivitĂ©s avec succĂšs et efficacitĂ©.  Â»

Yves Adami prĂ©cise  : «  Nous militons pour une gestion par dĂ©lĂ©gation de service public pour les communes ou groupements de communes en contrat DSP jusqu’au terme de ces contrats, le 1er  janvier 2023 pour la plupart, et nous militons pour une gestion par rĂ©gie publique pour les collectivitĂ©s, communes ou syndicats de communes qui sont en rĂ©gie publique. Ce dispositif peut fonctionner par convention avec le personnel existant, ou Ă  renforcer, sans nĂ©cessitĂ© d’une logistique importante et coĂ»teuse.  Â»

Pour une expertise (cette fois) indépendante

Notre Aggl’Eau suggĂšre encore de diligenter «  une expertise indĂ©pendante, moins coĂ»teuse que celle d’Artelia (430 000 euros), afin d’étudier le systĂšme le plus efficace pour les usagers et les collectivitĂ©s  Â», et de procĂ©der Ă  «  une analyse prĂ©cise des travaux Ă  effectuer pour une mise Ă  niveau des rĂ©seaux (1) , des ressources d’eau disponibles Ă  inventorier ou Ă  dĂ©polluer et des traitements adĂ©quats Ă  engager pour la santĂ© des usagers  Â».

(1) Selon le collectif, «  leur vĂ©tustĂ© conduit Ă  une dĂ©perdition d’eau de 20 Ă  23  % (fuites) et Ă  une dispersion de plus de 50  % des eaux usĂ©es sur les terres et dans les cours d’eau qui sont trĂšs polluĂ©s  Â».